Le territoire du médiateur: quelques balises


Les contours de l’activité du médiateur ne sont pas clairement dessinés pour tout le monde. Des lecteurs sur papier ou sur écran expriment parfois des attentes qu’il ne peut satisfaire. Ou lui adressent des réclamations qui ne sont pas de son ressort. A chaque fois, l’auteur de ces lignes est désolé de ne pouvoir les contenter. Il est donc utile de poser quelques balises.

La première de ces balises tient à l’étendue du territoire. Non, le médiateur n’est pas voué à répondre au public de tous les médias romands. Il n’est l’interlocuteur que des lecteurs des journaux, magazines et sites numériques francophones appartenant au groupe Tamedia. Son adresse n’est pas la bonne pour les publics de la RTS ou du Temps, d’où lui arrivent des interpellations occasionnelles.

Cette délimitation n’est pas sans nuance. Le médiateur romand de Tamedia ne s’occupe pas du quotidien gratuit 20 Minutes. C’est son collègue alémanique, Ignaz Staub, qui en est chargé. Une autre logique prévaut ici . Non celle du territoire, mais celle de la marque, le titre étant publié en trois langues nationales.

Deuxième balise, le médiateur s’occupe en priorité de traitement journalistique de l’actualité. Il n’a pas pour vocation d’intervenir dans des conflits d’ordre privé, comme une querelle de voisinage ou une dispute d’héritage. Il existe des tribunaux pour cela, ainsi que des offices de médiation.

Il n’est pas chargé non plus d’examiner les demandes d’emploi adressées à l’éditeur, ni de traiter les contentieux concernant les abonnements aux journaux. Dans ces derniers cas, il joue cependant volontiers au facteur, en transmettant les messages aux services concernés.

Troisième balise, et sans doute la plus importante, le médiateur n’intervient qu’après une publication. Il ne lui appartient pas de se mêler du processus de production du journal, de suggérer des thèmes ou des angles dans la rédaction des articles, d’influer sur la ligne éditoriale ou la politique rédactionnelle.

Un ancien rédacteur en chef de la Tribune de Genève, Georges-Henri Martin (1961-1981), très au fait des pratiques américaines aux origines de la médiation de presse, écrivit un jour que l’influence du médiateur est «celle d’un lecteur qui se sent concerné et attentif». Elle s’exerce dans une perspective d’avenir «avec l’espoir notamment de ne pas voir se répéter plusieurs fois une même erreur». A l’interne, le médiateur alerte, il signale les motifs de mécontentement des lecteurs, il fait au besoin une recommandation. Le soin de décider reste l’affaire de la rédaction.

Interlocuteur privilégié de lecteurs ou internautes «concernés et attentifs», le médiateur est ouvert enfin aux réclamations de tout un chacun. Les personnes directement touchées par un article, qui entendent obtenir une sanction en cas de délit ou une réparation lors d’une atteinte à leur personnalité, doivent quant à elles s’adresser à des cours pénales ou civiles.

Il s’agit là qu’une quatrième balise. Elle impose au médiateur un «pas de retrait» dès le premier mouvement en ce sens, dont le plus fréquent est une demande de droit de réponse. Le cahier des charges du médiateur d’Edipresse le précisait noir sur blanc: «Avant de se saisir d’un cas, le médiateur s’assure qu’aucune procédure judiciaire pénale ou civile (notamment une requête en vue d’un droit de réponse au sens de l’art. 28 du Code civil) n’est ouverte ou imminente». La reprise des publications romandes par Tamedia, au début de la décennie, n’a rien changé à l’usage. Une demande de droit de réponse doit être donc adressée à l’éditeur ou au rédacteur en chef du journal concerné, et non au médiateur. Elle est confiée pour examen aux services juridiques de l’entreprise.

Le territoire est ainsi un peu plus clairement délimité. Le médiateur y trouve néanmoins quelques occasions d’embarras, qui sont le sel de la fonction.

Ecrire au médiateur

Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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