Rectification et précision: mode d’emploi


Aucun journaliste ne saurait prétendre à l’infaillibilité. Dans l’exercice du métier, le risque d’erreur est permanent. Il peut être dû aux circonstances, à la complexité d’une situation, aux dérobades de certains acteurs. Il peut l’être bien entendu à des défaillances professionnelles, à un travail précipité ou bâclé. Le constat en a déjà été plus d’une fois établi sur cette Page du médiateur. Il appartient dès lors au journaliste de corriger ses erreurs aussitôt qu’il en a connaissance. Un journalisme de qualité se signale par la faculté de reconnaître les manques et de rétablir sans attendre la vérité des faits.
Ce qui s’applique au journaliste s’étend à son organisation. Les médias ne sont pas moins concernés. La frontière est souvent floue entre les fautes des journalistes, qui sont individuelles, et les défauts des médias, qui sont collectifs et structurels: vulnérabilité aux pressions du milieu social et économique, soumission aux lois de la concurrence, incitation à accélérer la circulation de l’information. Les médias sont aujourd’hui confrontés à l’exigence indépassable d’immédiateté, qui appartient à l’ADN de l’internet et des réseaux sociaux.
Votre médiateur est régulièrement saisi de réclamations portant sur la relation des faits. Les plaintes ne dénoncent pas forcément des erreurs. Elles signalent aussi des imprécisions. Le traitement en est distinct.
La déontologie requiert des journalistes la rectification spontanée de toute information qui se révèle matériellement inexacte. Cela peut tenir à la confusion entre des protagonistes ou à une attribution fautive de leurs fonctions, à un mélange de données chiffrées, à un récit peu respectueux de la chronologie des faits. La liste n’est pas exhaustive.
Il n’est pas rare que le journaliste ou son média constate l’erreur de lui-même, et le premier. La solution la plus judicieuse est alors de faire figurer dans le journal, toujours au même endroit, dans les meilleurs délais, sous une forme concise mais visible, la rectification requise.
L’emplacement désigné est ordinairement la page ouverte au dialogue avec les lecteurs, qui accueille par ailleurs les lettres à la rédaction. Cela permet au journal de s’en tenir aux seuls points à rectifier, sans devoir nécessairement reprendre toute l’histoire. Sous l’étiquette «Rectification», la formule est sobre et surtout efficace.
Une correction de moindre importance s’impose assez souvent. Le journal n’a rien publié qui soit faux. Il s’agit néanmoins de redresser une légère imprécision, d’apporter quelques détails complémentaires. L’objectif est de lever d’éventuelles ambiguïtés dans l’exposition et la compréhension des faits. La déontologie n’est pas impérative à ce sujet. Une application extensive de la recommandation liée à la rectification est souvent la meilleure voie: publier une brève mise au point sous le titre «Précision».
Que ces usages soient observés est dans l’intérêt premier des lecteurs. Au besoin, il est souhaitable qu’une correction soit assortie d’excuses. On ne peut que regretter le glissement trop fréquent d’un avis de rectification, qui s’imposerait, à l’insertion d’une simple précision. Sans se prétendre infaillible, le petit monde des médias n’aime guère reconnaître publiquement ses erreurs!

Ecrire au médiateur

Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

Ecrire au médiateur


Ecrire un commentaire

Dites-nous ce que vous pensez de ce billet. Ecrivez un commentaire!

Vos commentaires

Soyez le premier à écrire un commentaire!