A l’écoute du lecteur: deux centième


Ce billet est le deux centième mis en ligne sur La page du médiateur.  En sept ans et quatre mois, c’est à la fois peu et beaucoup. A peine plus de deux billets par mois, cela semble négligeable en comparaison d’une production journalistique ordinaire ou du rythme soutenu de nombreux blogueurs. C’est appréciable en regard du champ relativement limité, en tout cas délimité, de la médiation de presse.
Depuis 1998 et pendant neuf ans, les trois quotidiens du groupe Edipresse (24 heures, la Tribune de Genève et Le Matin) ont disposé de leur médiateur attitré. Je l’étais alors pour la Tribune. Le rôle de chacun était d’entendre les réclamations des lecteurs au sujet du traitement journalistique de l’actualité et de tenter d’apporter réponses ou solutions. Une explication souvent, un simple avis parfois, une confrontation avec le point de vue de la rédaction, l’obtention d’une éventuelle rectification.
Pour les lecteurs des deux quotidiens régionaux, les interpellations et les plaintes soulevant des questions nouvelles ou d’intérêt général faisaient, par voie de chronique, l’objet d’un traitement dans les colonnes du journal. Le médiateur du Matin ne jouissait pas de la même visibilité.
De cette époque subsiste un livre où j’aborde, de manière plus systématique qu’au gré d’une actualité sautillante, les principales interrogations, réclamations et critiques venues des lecteurs: Médias, mode d’emploi (Labor et Fides, 2008).
En mai 2007, le transfert de la médiation à un titulaire unique pour l’ensemble des titres du groupe n’a rien changé d’essentiel. Sinon que le passage par l’Internet s’est aussitôt imposé, comme une sorte de dénominateur commun: c’est sur La page du médiateur (www.mediateur.tamedia.ch) que sont publiés désormais les avis et considérations destinés à l’ensemble du public.
La reprise complète dès 2011 des publications romandes d’Edipresse par le groupe Tamedia a pérennisé la fonction. Le groupe alémanique l’avait par ailleurs instituée pour lui-même dès la fin des années 1990. Le médiateur romand a un alter ego outre-Sarine, Ignaz Staub, journaliste expérimenté et excellent partenaire. Ignaz Staub fut notamment correspondant aux Etats-Unis et au Moyen-Orient du quotidien zurichois Tages-Anzeiger. Petite entorse à la répartition des responsabilités selon le territoire des langues: c’est lui qui fonctionne comme  médiateur de 20 Minutes, ainsi qu’il le fait pour les autres éditions du quotidien gratuit, en allemand et en italien. Cela suppose, de temps à autre, des consultations entre nous au sujet de l’édition diffusée en Suisse romande.
Certains billets mis en ligne sur La page du médiateur sont repris, dans leurs éditions «papier», par 24 heures ou par la Tribune de Genève, selon les sujets et sous une forme adaptée. Cela permet d’offrir une vitrine de la médiation au lectorat qui ne s’aventure pas encore sur l’Internet.
Les lecteurs mécontents ou perplexes, et souvent impatients, n’ont évidemment pas à connaître les conditions de travail du médiateur, dont ils attendent des réponses rapides et fondées. Faut-il donc préciser que la charge ne représente qu’une occupation à temps partiel? Et qu’il arrive au médiateur, comme à d’autres, de prendre des vacances?
Une effervescence s’est produite au tournant du millénaire à propos de la médiation de presse, en Suisse comme en France. L’idée était partout d’assurer un meilleur accès et une meilleure publicité aux questions et réclamations des lecteurs, parfois menacées de rester sans réponse satisfaisante en raison de la surcharge des rédactions en chef. Sans exclure parfois l’irritation ni l’arrogance. La médiation de presse permet de les prendre en compte de manière indépendante, libérée du devoir de sacrifier au plaidoyer pro domo.
Les conditions sont cependant en train d’évoluer. Le développement des réseaux sociaux, Facebook et Twitter en première ligne, permet à chacun de s’exprimer publiquement, sans devoir recourir aux bons offices d’un média. La médiation de presse serait-elle promise au sort de la lampe à huile? Il ne le semble pas, mais son terrain s’est visiblement déplacé: ce sont moins les journaux traditionnels sur papier qui suscitent désormais des réclamations auprès du médiateur que leurs versions en ligne. Non seulement le traitement de l’actualité par les rédactions numériques, mais aussi tout ce qui touche à l’expression même des internautes, sous forme de commentaires ajoutés aux nouvelles ou de participation à des forums de discussion. Il reste du grain à moudre!
 

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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