Qui paie le médiateur? Quelle est son indépendance?


Par qui votre médiateur est-il  rémunéré? Il l’est par le groupe de presse qui lui confie son mandat, soit Tamedia. Il l’était auparavant par Edipresse. Quelle assurance peut-il alors donner de sa liberté de jugement? Eternelle question, et donc éternel débat!  Elle se pose partout où sont installés des médiateurs de presse. Elle ne manque pas de surgir lorsque paraît sur cette page, à la suite d’une critique publique contre une rédaction, un avis jugé trop indulgent par l’un ou l’autre lecteur.
Une première réponse, formelle, est liée au contrat même du médiateur, qui lui garantit son indépendance. Une autre tient souvent – mais ni toujours ni partout! – à son état de journaliste en fin de parcours ou retraité, occupé par sa charge à temps partiel, dont la carrière professionnelle semble «derrière lui». Pour le reste, l’indépendance est essentiellement une affaire de conduite et de conscience personnelles.
Le médiateur est fréquemment amené à expliquer aux auteurs de réclamations le fonctionnement des médias et du journalisme. Cela ne suppose pas qu’il soit payé pour en défendre systématiquement tous les aspects. Il entend et répercute aussi des critiques contre des travers ou des dérapages. Il n’hésite pas à en reconnaître la pertinence lorsqu’elle lui paraît s’imposer.
Cela le met parfois dans une situation inconfortable par rapport à une rédaction. Un ancien médiateur du Diario de Noticias, quotidien de Lisbonne, disait que la fonction de médiateur n’est pas conçue pour se faire des amis dans la profession, ni pour conserver ceux que l’on a!
Le débat sur l’indépendance du médiateur de presse n’est pas particulier à la Suisse. La médiatrice du New York Times, qui porte le titre de public editor, a évoqué cette question tout récemment. Margaret Sullivan se défend d’être là pour assurer l’apologie du journal ou pour lui servir de cheerleader, soit de «pom pom girl»! Ce n’est pas parce son traitement est versé par la société éditrice qu’il lui incomberait de se faire l’avocate du New York Times auprès de ses lecteurs ni d’en assurer les relations publiques. Margaret Sullivan invoque un ancien mot d’ordre de son illustre journal: «Sans crainte ni faveur» (Without fear or favor), qu’elle retourne en somme à l’expéditeur.
Jeffrey Dvorkin fut ombudsman de la NPR, la radio publique américaine, de 2000 à 2006. Autorité en matière d’éthique du journalisme, il confirme qu’il arrivait souvent que des auditeurs s’enquièrent de l’origine de sa rémunération. Sa réponse était qu’il serait très heureux de la recevoir d’eux, les usagers, mais que cela ne changerait en rien son engagement de médiateur au service de l’ensemble des auditeurs. Et d’ailleurs, qui sur la durée est meilleur juge de l’indépendance du médiateur que le public, justement?
Le médiateur n’est ni un oracle, ni un censeur. Il n’est pas infaillible. Armé de son expérience d’un métier en évolution et de sa connaissance des normes déontologiques, il fait du mieux qu’il peut. A l’écoute du lecteur.

Attention! Le bureau du médiateur sera fermé jusqu’au lundi 6 janvier 2014

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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