Question d’image


Cela se passe sur le site Internet de l’un des titres romands de Tamedia. Un internaute s’aperçoit qu’une photo de lui est utilisée pour illustrer un sujet sur le vote des jeunes. De fait, elle figure même sur les pages électroniques des trois quotidiens du groupe. La photo n’est nullement déshonorante. Mais elle n’est pas directement liée à l’actualité, elle est sortie de son contexte.
L’internaute avait donné l’an dernier son assentiment à la publication de cette même photographie dans l’un des journaux papier du groupe. Le document accompagnait un article sur un vote organisé au sein d’un collège genevois. C’était avant un scrutin important et la simulation tenait lieu d’exercice d’éducation civique.
La reprise de l’image s’explique par l’existence d’archives photographiques partagées au sein du groupe de presse. En l’espèce, elle n’est pas scandaleuse, puisque le contexte (la participation civique des jeunes) est commun aux deux parutions. Elle reste problématique : dans un cas, l’image illustre un fait d’actualité (le vote des élèves d’un collège à un moment particulier) ; dans l’autre, elle est utilisée pour sa valeur symbolique.
Entre les deux usages, le temps écoulé n’est pas considérable, le dommage est relativement léger. Il suffit cependant de l’imaginer autre. Après une durée plus longue, l’apparence de la personne représentée sur l’image n’a-t-elle pas changé ? Ses activités sont-elles les mêmes ? Quels sont ses liens présents avec  le sujet traité ?
L’usage par les médias de documents d’archives représentant des personnes est souvent délicat. Dans le cas présent, la photographie en décalage ne délivre certes pas un message trompeur. Elle ne donne pas non plus une image défavorable du collégien. Elle répond même à un usage dont le motif est proche de celui qui avait justifié la prise de vue.
Il est souvent difficile dans de telles situations de demander un nouveau consentement de la personne représentée. Les rédactions peuvent avoir égaré ses coordonnées, ignorer même son identité.
Le moins qu’elles puissent faire est alors d’écouter une éventuelle réclamation et de réagir en conséquence.  C’est ce qui a été entrepris. La photo a été remplacée par une autre dans les meilleurs délais. Joint par le médiateur, le collégien se dit satisfait.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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Votre billet me rappelle une même situation qui date de deux ans. En mars 2010, lors du week-end de votations fédérales, un article sur le site de 24 Heures donnait les résultats de quelques élections municipales complémentaires dans le canton de Vaud. Cet article était illustré par une magnifique photo du bureau de vote d’un petit village. On y voyait un homme déposant solennellement son bulletin dans l’urne.
La photo était magnifique et le sérieux de l’homme illustrait à la perfection le geste de l’électeur. Le hic ? En voyant ce cliché j’ai ressenti un choc. Il s’agissait de mon frère, décédé sept ans plus tôt.
J’ai apprécié que la photo ne paraisse pas le lendemain dans le journal papier, car pour son épouse le choc aurait été plus grand.
Donc sortir des photos d’un stock d’archives, c’est pratique mais ça peut réserver des surprises.