Ce qui reste au journalisme et aux médias


La perception du journalisme et des médias a changé depuis une dizaine d’années, sous l’effet d’Internet. Seraient-ils désormais condamnés à n’occuper plus qu’une niche? La question était posée en conclusion d’un précédent billet sur La page du médiateur.
Quelques tâches essentielles continuent de leur appartenir, en dépit de la ductilité plus perceptible que jamais du métier de journaliste, selon le mot de Benoît Grevisse dans sa Déontologie du journalisme (Bruxelles, De Boeck, 2010)
La plus ambitieuse est l’enquête, la recherche de faits cachés. Elle requiert du temps et des moyens souvent lourds, que les internautes amateurs peuvent difficilement consentir – sans écarter pourtant une telle éventualité.
Une autre  tâche n’est pas moins nécessaire, qui est propre à la nouvelle donne de la communication: le tri et la mise en forme des innombrables contenus offerts sur la Toile, la mise en évidence des plus originaux, leur validation.
Et encore, ce rôle aujourd’hui trop souvent perçu dans la profession comme une dévalorisation: l’organisation de débats, l’animation de conversations, rôle pourtant essentiel en démocratie. Des conversations au sens où l’entendait Gabriel Tarde, pionnier en France de la psychologie sociale, voilà plus d’un siècle, quand n’existait encore que la presse écrite: «Il suffit d’une plume, écrivait-il alors dans L’Opinion et la foule, pour mettre en mouvement des millions de langues».
Tout cela laisse encore un espace appréciable au journalisme. Sous deux conditions, que ne partagent pas nécessairement les internautes sur leurs sites propres ou les réseaux sociaux, sans vouloir prétendre d’aucune façon que tous les ignorent.
La première est la recherche de l’intérêt général, justification ultime de la circulation de l’information et des opinions en démocratie. Toutes les formes du journalisme, tous les contenus des médias modernes n’y satisfont pas également. Le courant principal n’est cependant pas, ou pas encore, submergé par des contenus de pur divertissement. Il reste possible aujourd’hui de s’enquérir dans les médias, numériques ou traditionnels, de la marche du monde et des événements de son proche environnement.
La seconde condition est le respect des valeurs éthiques au fondement de l’activité d’informer. Ces valeurs sont la liberté, sous l’aspect de la liberté d’expression et de l’indépendance des journalistes; la recherche de la vérité; le respect de la personne et de ses biens, que sont sa vie privée, son droit à l’honneur et à la réputation, son droit à l’image, pour s’en tenir à ceux de ces droits qui concernent plus spécifiquement l’activité du journalisme et des médias.
Au regard de ces valeurs fondamentales, les journalistes ont établi au fil du temps des chartes de déontologie, élaboré des normes. Or les pratiques nouvelles de l’Internet tendent à bousculer certaines de ces normes. Au risque majeur de rendre les codes de déontologie en partie obsolètes. Il convient donc de les repenser sans cesse, en fonction des évolutions sociales ou techniques.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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