La liberté d’expression à hue et à dia


Plusieurs polémiques se sont ouvertes ces dernières semaines dans les médias au sujet de la liberté d’expression. Au premier titre, de diverses formes d’offenses au sentiment religieux ou à la piété religieuse. On cite dans le désordre: les manifestations contre le spectacle de Romeo Castelluci, Sur le concept du visage du fils de Dieu; les protestations contre la campagne publicitaire de Benetton, qui a conduit à l’interdiction d’une affiche montrant le pape Benoît XVI embrassant sur la bouche un imam du Caire; l’incendie des locaux du périodique français Charlie Hebdo en réponse à un numéro brocardant l’islam sous le titre Charia Hebdo.
Dans ces diverses situations, les personnes impliquées ou touchées font parler leur sensibilité et expriment des points de vue rarement conciliables.
Le professeur François Bœspflug, de la faculté de théologie catholique de l’université de Strasbourg, répond au Figaro à propos du spectacle de Castelluci: «Imaginez qu’à la place du visage du Christ, comme décor d’une pièce de théâtre, figure celui de Moïse, de Mohammed ou de Bouddha. Ce serait un tollé immédiat. De toutes les religions, le christianisme est, sans conteste, la plus agressée».
En contrepoint, un blogueur régulier de la Tribune de Genève note que tous les intellectuels qui se sont «étranglés d’indignation» à la suite de l’incendie de Charlie Hebdo «font profil bas avec l’opération médiatique de Benetton». «Les médias, écrit-il, ne sont plus aussi loquaces et la liberté d’expression ne semble plus les intéresser comme c’était le cas avec Charia Hebdo».
Chacun détient sa part de vérité. Personne ne demande au médiateur de trancher! Tout au plus serait-il utile de distinguer les terrains: une production artistique, une campagne publicitaire, une publication satirique.
La liberté d’expression ne se partage peut-être pas, mais elle n’est pas tout à fait détachée de ses justifications de cas en cas. Les enjeux ne sont pas les mêmes. La prétention à une expression artistique offre une liberté plus grande que l’affichage d’un slogan publicitaire, un dessin satirique que le titre de première page d’un journal quotidien.
Il existe aussi une distinction entre l’expression d’une idée et celle d’une conviction. Contre la première, on peut imaginer des offensives plus rudes que contre la seconde, qui se loge souvent au tréfonds de chacun et n’offre guère de prise à la discussion rationnelle. Au vrai, il n’est pas très facile non plus de tracer la frontière entre l’idée et la conviction. Tant dans le domaine religieux que dans le domaine politique. Sur ce point, le sort des scientifiques paraît enviable: ils n’avancent que sous les conditions d’une possible invalidation de leurs théories et de leurs découvertes!

Ecrire au médiateur

Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

Ecrire au médiateur


Ecrire un commentaire

Dites-nous ce que vous pensez de ce billet. Ecrivez un commentaire!

Vos commentaires

« Invalidation d’une théorie » = Science « Validation d’une croyance ». = Foi

L’être intime vit de remises en question et de doutes. Celle ou celui qui vit sur ses certitudes ne peut valider la conscience et la Foi de l’autre. C’est le problème de la religion. Il y aura toujours un rempart entre celle qui adhère dans l’absolu à une religion et celui qui adhère à une autre dans l’absolu, serait-ce l’athéisme (croire en rien plutôt qu’en Dieu est aussi religion car aucune preuve possible à ce sujet).

Par contre, si Dieu devient objet de nos contemplations, de nos observations, de nos détachements ou de nos chaînons sentimentaux, Dieu devient interrogation féconde semblable à la fièvre scientifique d’une équation scientifique à découvrir peu à peu grâce à nos découvertes personnelles et nos méditations sur l’existence.

Dieu est une route pleine d’inconnues. Comme la Science. Métaphysique – physique. Ce n’est pas si éloigné que ça finalement.

Je vais me faire traiter d’hérétique mais vraiment nous pouvons à la fois croire en une ou plusieurs religions et dépasser cette religion afin de trouver le résultat de notre propre vérité. La religion est intime à tous et toutes, comme l’amour. A nous tous de trouver la Foi qui nous anime afin de progresser sur le chemin de l’Amour = Dieu.