La meilleure des boussoles


Dans le labyrinthe de l’information, à la devanture des kiosques, sur les ondes et plus encore sur la Toile, quels sont les repères? Chacun accède en quelques «clics» à un savoir infini, constamment mis à jour. Pour s’en tenir au seul aspect de la connaissance qui concerne les faits d’actualité, leurs causes et leurs effets, leurs protagonistes, leur contexte, les sources sont désormais innombrables, les informations diffusées dans le temps de l’instantanéité. A qui, à quoi se fier?Le directeur et la directrice adjointe de l’information à l’AFP (Agence France-Presse) rappellent dans Le Monde (29 décembre 2009) une évidence: pour une agence de presse, une déclaration, une affirmation, un tuyau ne deviennent information qu’une fois que leur source aura été dûment établie et que leur contenu aura été vérifié. Cette exigence à un coût, elle impose une rigueur que d’autres sources ne sont pas forcément soucieuses de respecter.Les agences de presse entretiennent des réseaux qui alimentent l’ensemble des médias en matériaux informatifs. Elles en sont les soutiers. Elles sont confrontées à des exigences toujours plus grandes de rapidité par les radios et télévisions en continu, par les sites Internet des journaux. Elles sont mises sous pression par la concurrence de multiples informateurs de tout acabit, blogueurs, twitteurs ou autres communicants des temps postmodernes.Les agences cherchent donc à satisfaire la demande en information dans les délais les plus courts, comme elles l’ont toujours fait ; mais leur objectif est d’abord, comme l’affirme le plaidoyer de l’AFP, «d’offrir une information fiable, certifiée, que les autres médias pourront sans danger relayer, diffuser, analyser, commenter». Une information que le public, internautes compris, reconnaîtra comme crédible.Les agences de presse ne sont pas à l’abri d’erreurs. Elles ont pour règle de les rectifier sans attendre. Elles ne sont pas non plus épargnées par les critiques. En France, où son activité est soutenue financièrement à hauteur de 40% par l’Etat, il arrive que l’AFP se voie reprocher ses relations avec les pouvoirs publics. En Suisse, l’Agence télégraphique suisse (ats) reçoit également une forme de soutien public par le biais d’abonnements à ses services.L’article paru dans Le Monde semble faire écho à une polémique soulevée l’été dernier par le directeur de Libération, Laurent Joffrin. En ligne de mire, le peu d’empressement de l’AFP à reprendre des informations sorties par son quotidien, sensibles et embarrassantes pour le pouvoir. Le reproche était de passer ces informations «sous silence», de ne les reprendre que «tardivement et au conditionnel» ou encore de «les noyer dans les démentis officiels». Les propos ont alors été considérés par le directeur de l’information de l’agence comme «insultants pour les journalistes de l’AFP qui, souvent, risquent leur vie aux quatre coins de la planète pour que le pluralisme de l’information existe».La réponse du même responsable est aujourd’hui plus sereine. Quelles que soient les critiques, les défaillances, les lacunes, guère évitables dans un monde complexe et conflictuel, les agences de presse restent la meilleure des boussoles.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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