Liquidation


Les derniers jours de l’année sont propices aux liquidations en tout genre. Le médiateur n’échappe pas à la règle. Parmi les affaires traitées récemment dans La page du médiateur, donc publiquement, deux ont connu une issue méritant d’être signalée.
L’ancien président de l’Union démocratique du centre, section genevoise, s’est plaint en octobre dernier de la disparition du terme «racaille» d’un article sur une opération policière dans le quartier des Pâquis, accessible dans le fonds rédactionnel du site Web de la Tribune de Genève.
Alors que le terme figurait dans la version papier originelle, ainsi que dans les archives des Schweizer Mediendatenbank (SMD), il avait en effet disparu de la reprise de l’article sous forme électronique. Un billet du médiateur (16 octobre 2009) expliquait les raisons de cette disparition, non sans souligner que les archives du journal ne sont pas constituées par le fonds du site, par nature évolutif.
Cela étant, la rédaction en chef a considéré que le remplacement de «l’odeur de la racaille» par «l’odeur de la délinquance», décidé à chaud en raison des insultes que l’expression suscitait sur le Web, n’avait pas lieu de perdurer. Le fonds rédactionnel du site de la Tribune de Genève a donc été rendu conforme aux versions archivées (la collection du journal et les archives des SMD). Le terme «racaille» a été rétabli.
Ce même mois d’octobre, un conseiller d’Etat vaudois annonçait une plainte au Conseil suisse de la presse contre 24 Heures, au sujet de la suppression d’une phrase dans une lettre de lecteur. La lettre avait pour auteur le syndic de Prilly, qui protestait contre l’annonce d’un prétendu retard dans la construction d’une nouvelle gare ferroviaire. La phrase litigieuse dénonçait une campagne systématique du journal contre le conseiller d’Etat en question.
Le médiateur a pris l’initiative d’expliquer quelques règles touchant au traitement rédactionnel des lettres de lecteurs (24 novembre 2009). Pour des raisons qui lui appartiennent, le conseiller d’Etat a décidé de retirer sa plainte, dans les premiers jours de décembre. Il a bien fait. Le Conseil de la presse aurait très certainement refusé d’entrer en matière – prévision sous-jacente à la métaphore du titre (« Une plainte sur de mauvaises voies »).
Comment terminer l’année dans évoquer une fois de plus les minarets? Le dernier billet du médiateur (9 décembre 2009) a suscité des réactions. L’une d’elles aurait fort bien pu figurer comme commentaire, sur La page du médiateur. Elle disait notamment ceci: «La théorie de la spirale silencieuse est intéressante, voire pertinente en l’espèce, mais d’une explication différente: il existe depuis une décennie un establishment politique et médiatique qui s’est imposé aux citoyens, où chaque opinion divergente a été violemment stigmatisée et rejetée».
Un point de vue intéressant. La suite n’était pas moins publiable. Le nom du signataire, un certain Bob Mamal, n’est cependant pas paru du meilleur aloi. Le médiateur n’accepte que des commentaires signés des prénoms et noms de leurs auteurs. Il a donc envoyé un message dans ce sens à l’adresse électronique indiquée. L’envoi a été refusé par le «facteur» des e-mails. L’adresse était fausse, tout comme l’identité de ce correspondant. Impossible de trouver une meilleure illustration de la spirale du silence! On se tait. Ou si l’on s’exprime, on se cache.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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