Réponse à Monsieur Soli Pardo, « président » de l’UDC genevoise


L’actuel « président » de l’UDC genevoise adresse une lettre ouverte au médiateur de la Tribune de Genève, dont il prend par trois fois le soin de placer la fonction entre guillemets.
Il le prie de prendre position sur la disparition du terme «racaille» d’un article sur la délinquance aux Pâquis, paru le printemps dernier et figurant dans les archives du site Web du journal. L’attention portée par lui à la «racaille» est évidemment en lien étroit avec son usage dans une annonce politique récente de l’UDC. Elle l’est aussi avec la polémique qui a suivi sa publication dans le journal, sur laquelle portent d’autres aspects de son interpellation.
La lettre ouverte reproche au rédacteur en chef d’avoir assumé le remplacement du terme sur le site Web, en raison de son caractère litigieux ; et d’avoir par ailleurs accepté l’emploi de ce même terme dans la publicité politique de l’UDC, tout en sachant qu’il susciterait la controverse.
Un rappel, tout d’abord. La responsabilité d’une rédaction en chef s’étend à l’ensemble des contenus rédactionnels du journal. Non sans nuance. Selon une pratique ancienne, elle s’exerce de manière moins rigoureuse à l’égard des «voix extérieures» (signataires de lettres dans le courrier des lecteurs, auteurs de chroniques ou de billets n’appartenant pas à la rédaction, invités, internautes s’exprimant sur le site) qu’envers l’ensemble des collaborateurs réguliers du journal. L’indulgence porte sur le ton, le choix des mots, le recours à des images. Elle veille cependant à rester dans les limites du droit.
Cette longanimité s’applique à plus forte raison aux messages publicitaires qui sont soumis à l’appréciation d’une rédaction en chef: les annonces politiques. Ce sont les seuls. Les publicités commerciales, qui pourraient porter un préjudice quelconque (concurrence déloyale, atteinte à une personne, par exemple), sont placées sous la surveillance des services commerciaux ou des régies publicitaires. La rédaction en chef est consultée dans le cas des annonces politiques pour des raisons qui semblent évidentes au vu de la toute récente dispute: quelles que soient les procédures, les lecteurs et les acteurs politiques lui font porter la responsabilité de la publication. Il n’y a là aucune confusion entre le métier de journaliste et celui de publicitaire, contrairement aux craintes émises dans la lettre ouverte au médiateur.
Un second reproche porte sur le traitement d’archives accessibles sur le site Web du journal. L’auteur de la lettre ouverte voit dans l’altération d’un document numérique, repris de la version papier, une «faute gravissime». En l’espèce, le médiateur considère qu’il s’agit d’une erreur d’appréciation, mais pas davantage. Voici pourquoi.
Les archives de la Tribune de Genève qui font foi, et servent au besoin de preuve, sont constituées par la collection du journal. Chacun est libre de venir consulter celle-ci librement à son siège, 11 rue des Rois.
L’électronique en facilite la consultation à distance. Les archives complètes du journal sont donc également accessibles sur le site de SMD ou Schweizer Mediendatenbank. Elles donnent à voir les pages «réelles», dans leur présentation publiée sur papier. Le recours à cette source est toutefois payant.
Alors, que trouve-t-on dans les « Archives » offertes sur le site Web? Les contenus rédactionnels transférés jour après jour sur le site, selon une hiérarchie et une présentation différentes de celles du journal. L’accès en est gratuit.
Le site a cependant une mémoire. Il est possible d’y retrouver aussi, grâce à un moteur de recherche, l’ensemble des contenus qu’il a diffusés.  Or le matériel rédactionnel « posté » sur le site est par nature évolutif. Un même sujet peut connaître plusieurs états différents, selon les développements de l’actualité ou des compléments d’information. Sans oublier d’éventuelles erreurs que la rédaction se doit de corriger aussitôt.
On ne peut exclure non plus le retrait d’une expression jugée malheureuse, qui provoquerait parmi les internautes débordements et dérapages. Ce fut le cas de «l’odeur de la racaille». La substitution dans le texte par «l’odeur de la délinquance» – qui figurait déjà en intertitre, l’édition papier l’atteste! – est intervenue le jour même de la publication de l’article dans le journal, sous la responsabilité de sa rédaction Web.
Cette modification de la version numérique n’a pas eu beaucoup d’effet, s’il faut en croire les réactions parvenues sur le bureau du médiateur. C’est bien de «racaille» qu’il était question dans le courrier reçu. Dans une chronique du 15 mai, le médiateur a considéré que le reporter aurait dû se l’interdire.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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Vos commentaires

En ce qui concerne l’objectivité, la neutralité, voire la volonté de nuire de la Julie on peut parfois, en certaines circonstances, se poser de sérieuses questions.
J’ai personnellement été mis en cause de manière totalement inadmissible par l’un de vos lecteurs, proche d’un parti politique genevois, parti qu’il a représenté en diverses circonstances. C’était dans une lettre de lecteur, à la suite d’un problème survenu dans une corporation de droit public genevoise et repris dans un article de la Julie, article dans lequel mon nom était cité.
J’ai immédiatement tenté de répondre (…), mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que tout était entrepris pour ne pas publier ma réponse, à tel point que j’ai dû finalement faire intervenir un avocat pour informer la rédaction de votre journal que, la prochaine fois, c’est devant les tribunaux que cela se passerait, étant précisé que ma réponse n’est jamais parue, bien évidemment.
Sans vouloir nullement traiter le fond du problème lié à la publication de l’UDC dans la Julie je pense que l’on peut comprendre la réaction de Monsieur Soli Pardo.

Nous allons bientôt arrivé au fait que « tout est de la faute de la Tribune! »
M. Pardo doit accepter le fait qu’il y a des choses que l’on dit entre amis (et encore) et que l’on ne peut pas écrire en tant que président d’un parti.
Il l’aura appris à ses dépens puisque il n’est plus à la tête de son parti et qu’il aura désormais moins l’occasion de s’ exprimer en public.
Je lui suggère de créer un nouveau parti, celui des mécontents de la politique que va nous faire le MCG, tant il est vrai que ce parti a récolté les mécontents de la politique exercée par les autres partis.