Criailleries


Au départ, une lettre de lecteur à la Tribune de Genève, assez obscure quant à son objet, mais dénonçant avec virulence les « corbeaux ». Non les volatiles, mais les auteurs de messages anonymes, prétendus auteurs d’«insultes salaces». Selon l’usage, la lettre est signée du nom de son auteur qui, évoquant des corbeaux «de tout poil», porte seul la responsabilité de ses propos et de son audace stylistique.
La lettre, comme les autres du même jour, figure sur le site du journal. Une première réaction arrive sans attendre, d’une dame au nom bien connu des habitués du courrier des lecteurs. De cette dame, les échanges électroniques apprendront quelques heures plus tard, découverte bizarre, qu’elle est en fait celle du signataire même de la lettre.
Son premier message vitupère les corbeaux «qui se prennent pour des citoyens genevois et critiquent et insultent vulgairement les Confédérés natifs de Genève». Dix minutes plus tard, nouveau commentaire de la même personne. Allusion y est faite à une place de parc. Il ne peut être compris que d’initiés.
Ah ! cela suffit, pense «Ralfie» (nom connu de la rédaction, comme on dit), qui se sent visé. Il proteste de sa naissance à Genève, du fait que son patronyme n’est pas moins suisse de celui de la dame. Il renvoie cette dernière, séance tenante, à ses pigeonniers.
Une sorte de Nicolas de Fluë signant « verli » intervient alors pour dire d’abord la vilenie des lettres anonymes, puis pour tenter de ramener la dame et «Ralfie» à la raison. La querelle s’envenime en effet de message en message. Elle véhicule des allusions perfides à la vie privée de «Ralfie». Elle finit par tourner aux échanges scatologiques. On comprend le fond de la dispute: «Ralfie» est effectivement soupçonné par la dame d’être l’auteur de lettres anonymes. Il s’en défend, jusqu’à se plaindre au médiateur.
Celui-ci ne peut que se reporter aux sages propos de «verli»: ce site n’est pas là pour régler des différends sûrement stupides!
Il l’est même si peu que son responsable a décidé de faire disparaître les propos des uns et des autres. Plus encore: de ne plus ouvrir désormais le courrier des lecteurs aux commentaires des internautes.
Comme à l’école, propos de saison, toute la classe est punie à cause des criailleries de quelques-uns.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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En même temps, « toute la classe » a tout intérêt à lire des articles intéressants (ou à suivre le cours) plutôt que des commentaire stupides (ou les commentaires des élèves démotivés du fond)…

Exactement comme à l’école : on met le lecteur au centre du journal ?