Comment répondre à des allégations fausses?


«Quelle démarche dois-je suivre pour me plaindre d’un commentaire publié dans un blog de la Tribune de Genève à mon propos?» La question n’est pas récente. L’affaire remonte à plusieurs mois. C’est après une démarche tentée auprès du «détenteur» du blog en question, hébergé par la Tribune de Genève, et en l’absence de toute réponse que le médiateur est saisi.
La réponse n’est pas simple. Les auteurs de blogs n’appartiennent pas à la rédaction. Ils n’ont pas de comptes à rendre à ses responsables ni au médiateur. Ils sont libres de gérer le trafic et la publication des commentaires comme ils l’entendent, pour autant que les propos tenus ne soient pas contraires à la loi. Quelques-uns n’acceptent pas les textes signés de pseudonymes – pratique adoptée par le médiateur lui-même. Les autres s’en satisfont.
Les blogueurs sont-ils dispensés de toute règle de courtoisie? Celui qui a publié le commentaire litigieux n’était certes pas obligé de le supprimer. Mais il aurait pu prendre la peine de répondre à la correspondante qui s’en plaignait. Les échanges sur la Toile n’ont pas seulement escamoté les formules de politesse de la correspondance d’autrefois. Ils font bon marché des usages de simple civilité.
Quelles autres solutions?
Si un internaute juge que les propos tenus à son endroit sont de caractère injurieux, diffamatoire ou calomnieux, ou encore qu’ils portent atteinte à sa personnalité, il peut saisir la justice. La voie est en principe balisée, encore que tous les pays soient à la recherche de la législation la mieux adaptée à l’évolution technologique. Elle reste assez aléatoire en raison d’une dilution des responsabilités, favorisée par la volatilité de certains contenus, l’anonymat de nombreux auteurs et la communication arborescente propre à l’Internet.
S’il s’agit d’une information fausse ou imprécise, par conséquent désagréable sans être forcément dommageable, le plus simple est de répondre sans attendre au commentaire litigieux. Un espace est ménagé à cet effet. Un démenti clair ou une rectification n’auront pas pour seul effet de rétablir les faits sur le champ. Ils assureront à la réponse de l’internaute touché une pérennité égale à celle du commentaire originel: les mêmes mots clés devraient faire apparaître les deux points de vue.
C’est un pis-aller. Instruments prodigieux, les moteurs de recherche restent dotés d’une capacité de nuisance difficile à juguler.
 

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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