Le syndrome du Lapon


Le journaliste est frappé parfois du syndrome du Lapon. Il tient fermement les rennes et n’accepte de les lâcher qu’en dernière extrémité.
Il lui arrive de souffrir aussi du syndrome de pâtissier. A force de prêter le flan à la critique, il se retrouve lui-même sur le flan.
C’est bien ici que le bas blesse, comme s’il s’agissait d’une cloque au talon à force de marche à pieds.
Petite pause. Il fallait écrire évidemment  «rênes», «flanc», «bât», «à pied». Ces erreurs comptent parmi (et non parmis!) les plus fréquentes dans les colonnes de journaux, parfois jusque dans les titres. Et je ne parle pas de la confusion courante entre le participe passé et l’infinitif.
Un zélé correcteur de la Tribune de Genève a établi une liste de fautes orthographiques récurrentes, que ne distinguent pas forcément les logiciels. Hormis «parmis» et son «s» de trop, aucun des mots fautifs des premières lignes de ce billet n’a été signalé par l’infamant (mais salutaire) soulignement en rouge du système électronique.
Une étudiante de l’Université de Genève, qui met actuellement la dernière main à son mémoire, s’étonne que le médiateur exerce si peu sa fonction «corrective» et lui en demande la raison.
Elle est simple. Le médiateur est peu interpellé sur les fautes d’orthographe et de grammaire. Sinon épisodiquement par un lecteur collectionneur, qui lui adresse sa récolte de bourdes. C’est toujours amusant, mais difficilement exploitable, plusieurs bévues remontant à des semaines ou même des mois. Le cas échéant, celle qui doit l’être est communiquée au journaliste concerné. Mais sans aller jusqu’à alimenter un billet publié sur ce blog. Le médiateur n’est pas non plus destiné à adopter la posture de l’instituteur.
Quant à ses observations personnelles, il se réserve d’en faire part à l’intérieur de la rédaction. Ainsi, il a récemment attendu avec une impatience amusée le retour d’un journaliste sportif, auteur d’un article sur le club de football allemand de Wolfsburg, pour lui signaler que Wölfe, en allemand, ne signifie pas les «lions», mais bien les «loups»!
Il s’agit d’un lapsus, à l’évidence. Le journalisme suppose une écriture d’urgence, il est exposé aux faux-pas.
Quant aux erreurs de faits, également évoquées par l’étudiante, elles portent davantage à conséquence. C’est pourquoi l’une des premières tâches (et non tache!) du médiateur a été d’instituer, avec l’appui du rédacteur en chef de l’époque, le recours à des espaces appropriés («Précision» et «Rectificatif»). Ces encadrés, concis mais visibles, sont placés en principe dans la même page que le courrier des lecteurs.
Ce n’est pas par hasard. Dans la plupart des cas, ce n’est pas au médiateur, mais directement à la rédaction que l’on s’adresse pour corriger des informations erronées ou présenter sa propre version des faits. Les lecteurs familiers de la Tribune de Genève ou de 24 heures savent que le courrier publié par ces deux quotidiens est abondant. Les lecteurs du Matin ont observé sans doute que les lettres retenues sont peu nombreuses, mais souvent incisives dans leur critique envers le journal.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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