Allez, la Poste, encore un effort!


La révolution est en marche. La presse romande n’affichait qu’une présence visible réduite au dernier Salon du livre et de la presse de Genève: la Tribune de Genève seulement parmi les quotidiens, L’Hebdo et L’Illustré parmi les hebdomadaires.
Mais ce n’est pas le moment de paniquer. La Poste, jamais en retard d’une initiative qui l’éloigne de sa mission première de service public, a distribué à quelques élus un prototype renversant. Cela s’appelle Personalnews.
Quéskesédonkça? Ce sont des pages de journaux imprimées sur format A3. L’idée est simple. Vous êtes un pékin qui s’intéresse au sport, à l’économie ou aux nouvelles régionales. Vous composez votre menu à partir de l’offre de divers quotidiens associés à l’opération. Vous avez la possibilité de sélectionner, si j’ai bien compris, sept de ces quotidiens et autant de rubriques. Et tous les matins, vous trouvez sur votre ordinateur une suite de pages prêtes à être transmises à votre imprimante. Il vous suffit de les agrafer gaillardement. Vous disposez ainsi des informations qui vous intéressent.
Pour l’instant les premières discussions et les premiers essais n’ont eu lieu qu’en Suisse alémanique. C’est pourquoi l’exemplaire distribué au Salon du livre salue le lecteur d’un jovial «Guten Morgen Herr Christoph Gfeller».
A première vue, le principe est le même que celui de Courrier international: offrir un choix d’articles tirés de plusieurs publications. Dans les faits, deux différences de taille: Courrier international est porté par un projet éditorial et il s’inscrit dans un espace public accessible à tous.
En soi, l’idée d’un journal électronique n’est pas absurde non plus. Pour les éditeurs, elle n’est pas nouvelle. Plusieurs y songent, en professionnels des médias. A chacun son métier.
La Poste ferait bien de s’employer d’abord à faire le sien. Les éditeurs romands déplorent que leurs quotidiens ne soient pas distribués le jour même en Suisse orientale. Sans aller si loin, ils se plaignent que l’unique prestataire de services, la Poste donc, soit incapable d’assurer une livraison matinale des journaux dans la boîte aux lettres des abonnés. Du côté du public, on attend son journal à sept heures du matin. Et non à dix heures ou à midi.
Les entreprises, elles, ont un autre souci. Effet de la crise, elles recourent de plus en plus aux envois par courrier B. La distribution n’en est même plus assurée dans les trois jours.
Voici bientôt deux siècles, en 1829, Chateaubriand s’enthousiasmait à la réception d’une dépêche, reçue à Rome. «La rapidité de ces communications est prodigieuse; mon courrier est parti le 31 mars, à huit heures du matin, et le 8 avril, à huit heures du soir, j’ai reçu la réponse de Paris.»
Allez, Messieurs de la Poste, encore un effort et vous égalerez les performances du télégraphe de Chappe!
 

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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