Le pape et le sida


Le Matin publie chaque semaine une chronique de l’abbé François-Xavier Amherdt. Ce professeur de théologie à l’Université de Fribourg est un homme à l’intelligence ouverte et chaleureuse. Il s’est exprimé dans l’édition du 24 mars sur les propos tenus par le pape Benoît XVI sur l’usage du préservatif et le sida. Son article est intitulé «Ce que la pape a vraiment dit».
Il a vraiment dit, à propos du sida en Afrique, qu’«on ne peut résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème». Mais il n’a pas dit que cela et ne l’a pas dit aussi sec. C’est pourtant de ces quelques mots, dupliqués à l’infini par les médias, qu’est née la controverse.
A lire l’abbé Amherdt, le contexte manque. Et quel est-il, ce contexte? En substance que le fléau ne saurait se résoudre par une mesure d’ordre technique et par des campagnes préconisant l’usage du préservatif. Il convient de restaurer la sexualité dans des relations entre êtres humains et d’entourer mieux les personnes qui souffrent de la maladie.
En conclusion, l’abbé Amherdt pose la question: le pape a-t-il vraiment commis un «crime» que de le rappeler?
Le rejet par la papauté de la contraception (dont le préservatif est l’un des moyens) est aussi ancien que la contraception elle-même. Dans sa déclaration, Benoît XVI persiste. En regard des efforts acharnés d’individus ou d’associations pour limiter l’extension du sida sur le continent africain, cette persistance a provoqué des réactions indignées compréhensibles, et pour tout dire légitimes.
Le pape s’enferre dans une alternative là où il devrait reconnaître enfin une complémentarité. Mais faut-il lui donner tort de plaider pour une sexualité inscrite non dans une logique du désir et du besoin, mais dans une logique de l’amour partagé et de la responsabilité? Ignorer cette seconde logique contient, en effet, le risque d’aggraver le problème dans les pays d’Afrique.
En négligeant de la prendre en compte, en se ralliant à un discours unique, les médias ont focalisé l’attention sur l’émergence qui fait scandale plutôt que sur le débat de fond. N’est-ce pas une manière de manquer d’esprit critique?

Ecrire au médiateur

Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

Ecrire au médiateur


Ecrire un commentaire

Dites-nous ce que vous pensez de ce billet. Ecrivez un commentaire!

Vos commentaires

Soyez le premier à écrire un commentaire!