Lourdeur des peines et poids des mots


Il y a la lourdeur des peines. Celles qu’a prononcées le Tribunal criminel de l’Est vaudois contre les principaux auteurs du crime de Clarens ont donné lieu à la controverse, dans les colonnes des journaux lémaniques et sur leurs sites internet.
Trop légères, ces peines, en regard de l’atrocité de la mise à mort d’un sexagénaire, commise «sur fond de cocaïne, d’argent et de propositions à connotation sexuelle» (ce sont les termes de la police cantonale vaudoise)! Incompréhensible plus encore, la mesure de placement dans un établissement fermé pour une période limitée, réservée auparavant par le Tribunal des mineurs à l’un des protagonistes, qui n’avait pas dix-huit ans à l’époque des faits!
Les explications fournies par les milieux judiciaires et des hommes de loi n’ont guère calmé les esprits ni réduit l’incompréhension.
Ce n’était pas facile après le déferlement d’épithètes réservées par les médias aux assassins et à leur forfait. Dans le désordre, les titres des journaux ont parlé d’une rare sauvagerie, de frénésie meurtrière, de barbarie et de barbares. Des citations choisies ont été mises en exergue: «C’est sûr, il va recommencer». Ou encore: «La violence est ancrée en elle». L’attitude des accusés au cours de l’audience n’a rien arrangé.
La presse n’a pas la tâche facile. Elle se doit de relater les faits et les faits sont horribles. Cela ne laisse pas libre cours à l’exécution langagière ni à la frénésie verbale. Même si les règles habituelles du respect de la présomption d’innocence n’opposent ici que de fragiles barrières (à l’ouverture du procès de Vevey, le mineur a déjà été jugé et les principaux faits sont établis), est-il utile d’en rajouter? Les mots sont dotés de significations plus ou moins passionnelles. Leur poids n’est pas sans effet sur les lecteurs.
Sur le site de 24heures, le blog En fait et en droit a posé la question de l’usage du terme «barbares» (sans guillemets dans le journal) pour présenter les auteurs du crime de Clarens, dès l’ouverture du procès. Elle mérite le temps de la réflexion.

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