Un judicieux silence présidentiel


Le président Sarkozy a annoncé plusieurs mesures destinées à venir en aide à la presse, perturbée en France comme ailleurs par les mutations technologiques et la crise économique. Il intervenait vendredi matin 23 janvier en clôture des Etats généraux de la presse écrite. Le plan de secours est prévu pour trois ans.
L’augmentation attendue des tarifs postaux sera reportée d’un an. L’Etat français se prépare à doubler ses dépenses de communication institutionnelle dans la presse écrite et ses éditions numériques. Un éditeur de presse en ligne se verra conférer les mêmes avantages qu’un éditeur de presse écrite: régime fiscal privilégié et exonération de la taxe professionnelle. Pour autant qu’il emploie des journalistes professionnels et qu’il assure un traitement journalistique de l’information.
D’autres mesures sont énoncées: levée du «plafond» de 20% du capital d’une entreprise de presse française jusque là autorisé à un investisseur situé hors de l’Union européenne, aide à la distribution des journaux, encouragement à la modernisation du secteur des imprimeries de presse, adaptation du droit d’auteur…
Le président français n’a pas manqué de saisir au bond la balle lancée par le Livre vert des Etats généraux: l’octroi à tout Français d’un abonnement à un journal de son choix l’année de ses 18 ans. C’est une manière de riposter à la diffusion de la presse gratuite. Il faut seulement espérer que la mesure ne sera pas assimilée à la gratuité d’accès aux musées…
Bref. A part la levée du maximum de la participation d’un investisseur non-communautaire au capital d’une entreprise de presse, large reprise des conclusions des Etats généraux.
Sur un chapitre pourtant, c’est l’abstention qui domine: les questions de déontologie et de régulation interne, laissées à la responsabilité de la profession et aux discussions entre journalistes et éditeurs. Le silence présidentiel est judicieux.
La situation reste donc ouverte. L’idée d’un code de déontologie commun, qui serait agrégé à la convention collective, reçoit un soutien solide dans la profession. L’extension du principe d’une médiation pragmatique entre un journal et son public fait son chemin. Mais la création d’une véritable instance de régulation, chargée de veiller au respect des normes déontologiques et des règles professionnelles reste débattue.
Coincé entre des arguments contraires, l’auteur des conclusions du Livre vert, Bernard Spitz, s’en est tenu à de vagues formules. D’où la réaction vive de Florent Pommier, sur le site Mediapart.fr, dès la remise du document. D’où le rappel, trois jours avant l’intervention du président Sarkozy, de la proposition émise par les Assises du journalisme d’une instance qui ne serait ni un «conseil de l’ordre» ni une «police déontologique» (Yves Agnès), mais dont la publication des avis tiendrait lieu de seule sanction.
Du côté des journalistes français, les discussions semblent ne faire que commencer. Cela fait pourtant longtemps qu’elles durent.

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