Un Livre vert pour rétablir la confiance?


Trois mois de débats, cent cinquante participants, quatre «pôles» de discussion, un Livre vert: en quelques chiffres, le bilan provisoire des Etats généraux de la presse écrite en France (voir le billet du 13 janvier «La presse aux abois»). Il appartiendra au pouvoir politique de prendre des décisions. Le président Sarkozy s’exprimera à ce sujet le 23 janvier déjà.
L’un des pôles s’est occupé de l’état et de l’avenir des métiers du journalisme. Un autre de l’économie de la presse, durement mise à mal par les temps qui courent, et des conditions de production industrielle des journaux. Un troisième des réponses possibles au développement de l’Internet (enjeu décisif: l’offre d’information est pléthorique, la demande se réduit et se fragmente). Le quatrième traitait du thème «Presse et société». Dans tout cela, des spécificités françaises, bien sûr. Mais aussi des sujets de préoccupation communs à la plupart des pays développés, dont la Suisse.
L’un des groupes du pôle «Presse et société» s’est inquiété du manque de confiance des lecteurs dans les journalistes. Comme d’autres, il a procédé à des auditions. Il m’a invité à rendre compte des solutions suisses en matière de régulation interne (l’évolution de la charte de déontologie et du Conseil de la presse), ainsi que de mon expérience de médiateur de presse.
Parmi les participants se trouvaient ce jour-là Véronique Maurus, médiatrice du Monde, ainsi qu’Yves Agnès, ancien rédacteur en chef du même quotidien et ancien directeur du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris (CFPJ), Jérôme Bouvier, organisateur des Assises du journalisme, ou encore le sociologue Jean-Marie Charon, tous parfaitement au fait de ces questions.
Quelques propositions contenues dans le Livre vert.
– L’élaboration à partir de documents existants (trop nombreux en France) d’une charte déontologique de référence, qui soit observée par les membres des organisations professionnelles de journalistes.
– La création d’une instance de régulation, qui ne fonctionnerait pas sur plainte (contrairement au Conseil suisse de la presse), mais recenserait les interrogations exprimées par le public quant au traitement des faits de l’actualité. Un tel Observatoire des pratiques de la presse serait composé en majorité de journalistes, tout en incluant des représentants qualifiés des éditeurs et du public.
– La mise en place la plus large possible d’une structure de médiation destinée à renforcer les liens avec le public et à assurer la transparence des pratiques médiatiques. Préconiser l’idée de médiation plutôt que de médiateur vise à tenir compte des différences entre les journaux qui n’ont pas tous, et de loin, la taille critique permettant l’installation d’un médiateur attitré. A noter cependant que les membres du pôle sur les métiers du journalisme, présidé par Bruno Frappat, président du directoire du groupe Bayard (La Croix), se sont montrés plus sceptiques envers une telle fonction. Leur rapport signale qu’elle «n’a pas toujours empêché certaines dérives».
A suivre.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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