La presse aux abois


La presse ne se porte pas bien. Baisse des ventes, chute des recettes publicitaires. Tous les journaux n’en sont pas morts, mais tous (ou presque) en sont frappés. C’est partout le désarroi. Que faire?
Le modèle économique traditionnel de la presse se déglingue. Elaboré au cours de la première moitié du dix-neuvième, il n’aura pas tenu deux siècles. Il était assez simple. Afin de rendre la lecture des journaux accessible au plus grand nombre, il fallait en baisser le prix. D’où la formule estampillée Emile de Girardin, fondateur de La Presse: «C’est aux annonces de payer le journal».
Aux plus beaux temps de la presse écrite, le revenu des annonces représentait plus de la moitié des recettes d’un journal, plus des deux tiers parfois. Cet Age d’or est révolu.
Tout est devenu plus volatile en deux petites décennies. Le lectorat des journaux pour commencer, moins fidèle qu’autrefois, frappé par le syndrome du zapping. Les annonceurs ensuite, sollicités par de nouveaux canaux numériques sur l’ordinateur ou le téléphone mobile.
Les contre-feux allumés par les entreprises de presse peinent à prendre. Les journaux gratuits poussent jusqu’au bout la logique de paiement du journal par les annonces. Les sites ouverts sur la Toile par les médias traditionnels tentent de drainer la publicité qui déserte leurs colonnes. Des entrepreneurs audacieux lancent des sites d’information, gratuits ou payants. Mais la crise ne les épargne pas. Au mieux, les uns et les autres spéculent sur le moment où ils sortiront des chiffres rouges.
C’est sur cette toile de fond qu’ont été lancés en France les Etats généraux de la presse. Leurs conclusions figurent dans un Livre vert, rendu public le 8 janvier 2009. L’initiative est venue du président Sarkozy. Elle a essuyé des critiques et provoqué des défections dans les rangs des journalistes, inquiets de la place que prenaient les gestionnaires.
Une menace sur la liberté de la presse, disaient-ils. Il n’empêche que le Livre vert contient de nombreuses analyses et plusieurs propositions intéressantes. On verra ce qu’en fera le président de la République voisine. Sous réserve d’inventaire, ni la défense de la liberté d’informer ni l’illustration du métier de journaliste ne s’appuient sur des chaises vides.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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La baisse des ventes est sans doute inéluctable. Mais pourquoi les journaux font-ils tout pour l’accélérer en introduisant, par pages entières, des rubriques spécialisées vantant systématiquement les nouveaux gadgets informatiques mis sur le marché, ou en considérant le taux de haut débit dans un pays comme un indicateur de progrès social (comme naguère la voiture), ce qui ne peut qu’inciter le lecteur à aller s’informer sur son écran et à délaisser le support papier! Que la presse informe sur les nouveautés, d’accord – c’est son rôle – mais de là à se tirer une balle dans le pied en jouant un rôle moteur dans l’avènement de ce qui la détruira… il faut le faire!