Télescopages


Le dernier billet sur les pratiques des internautes et l’action des modérateurs a suscité diverses réactions et demandes au médiateur. L’humanité n’est pas en passe de perdre son heureuse diversité!
Deux familiers du site du Matin m’ont adressé une plainte identique: comment se fait-il que leurs commentaires ne passent plus, pourquoi sont-ils soudain soumis à la censure?
Même plainte, même réponse, recueillie auprès du responsable du site: des abus ou dérapages repérés dans de précédents commentaires ont bloqué l’accès direct de ces deux internautes. Leurs envois sont désormais soumis à une modération préalable. Cela ne signifie pas qu’ils sont écartés. Mais leur mise en ligne peut prendre un peu de temps.
Comment mes correspondants ont-ils réagi?
Le premier s’est indigné que ses messages puissent être qualifiés de «dérapages verbaux». «Il vous est raconté n’importe quoi», m’écrit-il. Et d’invoquer des réactions d’autres auteurs de commentaires dénonçant comme lui la censure du modérateur du Matin.
Le second correspondant m’écrit sur un autre ton: «Je ferai donc preuve de plus de modération dans mes commentaires».
Dans ces deux cas, le médiateur s’est trouvé obligé d’agir «à l’aveugle», ignorant le contenu des messages et donc les objets précis des litiges. Il n’a pu se fonder que sur le respect des procédures d’accès.
La communication en ligne est propice aux collisions frontales. Mais le journal en papier n’y est pas moins exposé. Un médecin genevois m’envoie la première page du cahier «Genève et Région» de la Tribune de Genève du 11 décembre.
Dans sa colonne «Encre bleue», Julie raconte l’histoire d’une femme sans domicile fixe habitant sa voiture depuis quatre semaines au moins. Elle est découverte dans un état de visible détresse par un automobiliste et ses passagers, qui viennent de se garer derrière son véhicule. C’est dimanche. Impossible d’alerter les services sociaux. Donc, la police. La voiture de la malheureuse est immatriculée aux Pays-Bas. «Au lieu de lui prêter assistance, écrit Julie, ces messieurs contrôlent son identité et la somment de déguerpir».
En bas de page, juste sous l’«Encre bleue», une autre égarée fait la «une» locale. Une cigogne a perdu le Sud. Elle a élu domicile sur un champ proche de Genthod. Elle a froid, elle aussi. Elle a faim. Les bénévoles du COR (Centre ornithologique de réadaptation) sont intervenus sans attendre. Ils ont déposé sur le sol de quoi assurer sa pitance.
«Joli contraste à la une!», m’écrit le médecin. «L’humain est invité à déguerpir. L’animal est nourri (voire hébergé)».
J’ai cherché à savoir une semaine plus tard si d’autres lecteurs avaient réagi à ce télescopage. Aucun message à Julie. Aucune lettre au courrier des lecteurs.
Heureux Noël tout de même!

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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