Millénium: la leçon de journalisme


Mes vacances d’été n’ont pas été très originales. Je suis allé à la mer. J’ai fait quelques escapades en montagne. Et j’ai lu Millénium comme tout le monde. Au moins si j’en crois la permanence des trois volumes de la saga policière de Stieg Larsson en tête des meilleures ventes en Suisse romande.
Je suis habitué à des lectures littéraires plus exigeantes ou plus sophistiquées, comme on voudra. Je ne cours donc pas les best-sellers. Ou plutôt je les fuis. Je suis parti en vacances avec les deux volumes du Journal de Klaus Mann, qui somnolaient depuis quelques années dans ma bibliothèque. L’introduction une fois lue, je les ai lâchés : des petits faits quotidiens, des rencontres, peu de réflexions et de développements. J’ai mis alors le nez par accident dans Millénium et je l’avoue : je n’ai plus décroché. J’ai avalé les trois copieux volumes sans prendre le temps de souffler.
L’auteur mène admirablement son intrigue, il adopte une construction par séquences et un récit par dialogues qui rappellent l’art du cinéma, il crée des personnages bien profilés. Celui de sa principale héroïne, punkette, hacker et rebelle à toute autorité, atteint même un niveau d’archétype littéraire. Il n’est pas impossible que l’on parle un jour d’une «Lisbeth Salander» comme on parle d’une «Madame Bovary» ou d’une «Anna Karénine». Elle sera au moins une «Scarlett O’Hara» (Autant en emporte le vent, pour ceux qui auraient oublié).
Un autre aspect du roman m’a fasciné. Millénium est le nom d’un magazine spécialisé dans l’investigation et la dénonciation de scandales (les vrais : ceux qui touchent au pouvoir et à l’argent). Le monde de la presse occupe donc dans la saga une place aussi importante que les activités policières ou les arcanes des services secrets.
L’un des principaux protagonistes est journaliste d’enquête. Il est sans cesse confronté dans son travail aux aspects divers de la protection des sources, tenu de mesurer les espaces offerts à la liberté de la presse (la Suède est l’un des pays les plus avancés dans ce domaine) et de percevoir leurs limites. Il se réfère aux pratiques journalistiques et à leurs normes déontologiques. Stieg Larsson, qui était journaliste, offre une illustration romancée des exigences et embûches du métier. Il est, de bout en bout, impeccable.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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