Mais pour qui roulez-vous?


La page du médiateur est ouverte depuis un an. Je l’ai inaugurée en expliquant la raison d’être de la médiation de presse: se mettre à l’écoute du public, entendre ses questions et ses critiques et tenter d’y répondre. Le médiateur plaide pour la transparence des mécanismes de l’information et met en débat public le traitement journalistique de l’actualité.
Cette même transparence due au public, ne devrait-il pas l’appliquer à lui-même? Aux États-Unis, le dévoilement peut aller assez loin. L’attention à de possibles conflits d’intérêts incite les médiateurs du New York Times, par exemple, à déclarer publiquement leur appartenance politique, leurs intérêts financiers ou des éléments de leur biographie capables d’influer sur le traitement de thèmes particuliers.
Sous nos latitudes, un tel déballage étonnerait. Je n’avais pas jugé utile de m’y livrer lorsque je m’adressais aux seuls lecteurs genevois de la Tribune de Genève, dont je pouvais considérer qu’ils me situaient assez bien.  Mais le public auquel est désormais destinée La page du médiateur est plus vaste et moins clairement déterminé. Il ne me paraît donc pas inutile de faire connaître les principaux de mes autres engagements.
Avant de prendre ma fonction, j’ai veillé à limiter les risques de conflits de loyauté. J’ai démissionné d’une commission d’information de l’Église protestante de Genève, imaginant qu’un litige n’était pas exclu entre cette institution et le journal. Je m’en suis bien trouvé en une occasion, une seule, mais hautement médiatisée par la rédaction. Je suis resté membre du conseil de fondation de la Faculté autonome de théologie protestante.
À l’époque de ma désignation, ma charge de vice-président du Conseil de la presse ne me paraissait pas incompatible avec la fonction. Je l’ai abandonnée après cinq ans. Assez occupé par mes activités professionnelles, je n’avais alors pas d’autres engagements.
Entre-temps, j’ai été appelé à faire partie de la Commission fédérale contre le racisme. J’ai signalé ce lien à plus d’une reprise, dans des chroniques abordant ce thème ou d’autres aspects de la discrimination.
Ma présence au sein d’une commission de médiation vaudoise, en application d’une loi sur la transparence de l’administration, n’a provoqué aucune interférence. Pas plus qu’une participation à la commission d’éthique du Conseil de l’université de Genève. La poursuite de ces deux dernières activités est d’ailleurs rendue hypothétique par des changements de législations cantonales.
Quelles sont enfin mes attaches politiques ? Je n’ai jamais été membre d’un parti ou autre mouvement. Je n’ai pas l’esprit militant. Je n’en fais pas vertu, c’est dans ma nature. Mon vote citoyen a varié. Je ne l’ai jamais laissé dériver vers des extrêmes. Il est orienté par un souci d’équilibre démocratique, donc de pluralisme. Les majorités qui prennent trop de poids en deviennent arrogantes.
Ma femme a détenu un mandat politique au sein de la représentation libérale au Conseil municipal (instance délibérative) de la Ville de Genève. Une seule fois, je me suis prononcé à propos d’un dossier sur lequel elle s’était engagée (un projet de nouveau musée d’ethnographie). Ce fut pour récuser une critique qui dénonçait un déséquilibre dans la gestion du courrier des lecteurs. Sur la question du musée, le plaignant partageait pourtant les opinions de ma femme.
Le médiateur assure par ce billet la visibilité de son activité. Il lui appartient d’en préserver l’indépendance. Cela commence, en effet, par un souci de transparence.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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