Médias mode d’emploi: comment rectifier?


Comment faire ? En qualité de médiateur, je ne cesse d’affirmer que tout le monde fait des erreurs. Et que le propre d’un journaliste consciencieux (et d’un journal soucieux de sa crédibilité) est de les corriger aussitôt qu’elles lui sont connues.
Et voilà que dans un livre qui vient de sortir de presse (Médias mode d’emploi. Le journaliste face à son public, Genève, Labor et Fides), me sautent aux yeux deux erreurs de fait. Elles m’accablent, je dois bien l’avouer. Car je suis l’auteur de ce livre et je ne sais pas comment les corriger. Dans un journal, il est toujours possible de rétablir les faits dans l’édition du lendemain ; dans un magazine, la semaine suivante. Mais dans un livre ? La prochaine édition, me dit mon éditeur, toujours optimiste.
Cela me taraude. J’appelle la Toile au secours. Ces erreurs ne sont pas tragiques. De plus, elles risquent de n’être perçues que par des spécialistes (auxquels ce livre n’est pas destiné). Mais il suffit que je les aie repérées.
Par pure inattention lors de la rédaction (et de la relecture !), je cite (p. 196) Byron Calame en le qualifiant de « premier médiateur du New York Times », en 2005. Je voulais dire qu’il était le premier à succéder à Daniel Okrent, dont l’année d’entrée en fonction comme premier médiateur (2003) est par ailleurs correctement indiquée (p. 14).
Il est plus gênant encore de se tromper sur ce qui touche de près. La Suisse présente une particularité dans le domaine de la médiation de presse : ses ombudsmen sont pour la plupart des médiateurs de groupes de presse, et non des médiateurs de titres comme partout ailleurs dans le monde. Pour une raison mystérieuse, j’écris qu’ils sont cinq (p. 194). Or ils ne sont que quatre.
En Suisse romande, l’auteur de ce billet est depuis mai 2007 en charge des publications suisses d’Edipresse.
La Suisse alémanique compte trois ombudsmen de groupes. Arthur Liener, ancien chef de l’Etat-major de l’armée, fonctionne pour le groupe Tamedia AG (Tages-Anzeiger, SonntagsZeitung et les deux journaux gratuits Tagblatt der Stadt Zürich et 20 Minuten, notamment). Karl Lüönd, publiciste et enseignant, ancien directeur du Medieninstitut de Presse Suisse, continue de s’occuper du Beobachter et de Bilanz, après le rachat d’une partie de Jean Frey AG l’an dernier par Axel Springer. Josef Reinhard, ancien rédacteur en chef du Beobachter, est le médiateur d’AZ Medien Gruppe (Aargauer Zeitung/Mittelland Zeitung).
Un et trois font donc bien quatre et non cinq. Voilà qui est dit.
La seconde erreur décelée dans le livre est moins lourde que la première. Elle me dérange davantage. La rédaction du passage litigieux pourrait laisser imaginer que le chiffre erroné vient d’une scientifique tessinoise, qui a présenté l’an dernier une étude remarquable sur les médiateurs de presse. J’y renvoie le lecteur intéressé qui ne serait pas effarouché par un texte en italien (Cristina ELIA, Gli ombudsman dei giornali come strumento di gestione della qualità giornalistica, accessible sur le Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale, http://doc.rero.ch/ sous la rubrique « Thèses ») . De plus, cette personne est toujours prête à me fournir des renseignements et des précisions. Comme il est d’usage dans les rectificatifs publiés par les journaux, je lui présente donc publiquement mes excuses.
Décidément, le médiateur n’est pas moins faillible que les autres journalistes!
 

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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J’ai d’ailleurs fait une critique de ce livre. Ce ne sont pas ces erreurs qui me paraissent importantes. Cela fait partie du milieu journalistique.