Message personnel


Mon dernier billet « La giraffe et l’éléfant » déplorait la présence de fautes d’orthographe et de syntaxe dans les colonnes et sur les sites des journaux. J’y plaidais cependant l’indulgence. La fabrication des journaux et l’alimentation de leurs pages électroniques sont soumises à l’urgence. La pression du temps est le lot quotidien des journalistes. Elle n’excuse pas tout, mais elle excuse beaucoup. J’y précisais encore, pour ne pas m’ériger en instituteur pointilleux, qu’il m’était arrivé de commettre aussi des erreurs…
Bien m’en a pris, mais j’aurais mieux fait d’y réfléchir à deux fois. Dans l’énoncé même de cet aveu, j’ai logé une faute d’accord grosse comme un éléphant (avec « ph »). Une vraie faute, que je ne peux attribuer en l’espèce ni à la hâte ni à un égarement de mon index gauche (je continue de frapper à deux doigts sur le clavier). Un message m’est aussitôt parvenu pour me la signaler. Le rouge m’est monté au front. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Le Canard enchaîné en aurait nourri sa rubrique « Pan sur le bec ». Je me suis précipité pour corriger l’erreur. Ouf !
C’est l’immense avantage des blogues. Vous voulez changer une expression, ajouter une idée, faire place à un remords, vous disposez de toute la souplesse voulue. Tandis que la page imprimée… Une fois qu’elle est sortie de la rotative, il ne vous reste plus qu’à chercher des verges pour vous flageller.
Bref, je m’en tire plutôt bien. Je dois à mon lecteur attentif des remerciements. Le message est signé d’un pseudonyme : Dgeeedge. Cela sonne un peu comme J.-J. (Jean-Jacques ?) mâtiné de DJ (disc jockey). C’est sympathique. Monsieur ou Madame ? Les apparences sont parfois trompeuses. Les pseudonymes n’ont pas de genre. Je me risque à écrire « Cher Monsieur ». Je reproduis avec attention l’adresse électronique indiquée sur le message. Je m’y reprends même à deux fois. Peine perdue. Personne à la réception. Le petit génie du réseau m’informe qu’il n’est pas parvenu à dénicher l’auteur du message. Hélas !
Alors, Cher Monsieur (ou Chère Madame) Dgeeedge, je vous dis ici ma gratitude. Je n’ai pas besoin de copier dix fois la phrase. Cette faute-là, au moins, je ne la ferai plus. Mais je me pose une question. Pourquoi votre remarque pertinente devait-elle s’affubler d’un masque ? Pourquoi tous ces pseudonymes sur la Toile ? La liberté d’expression est-elle vraiment à ce prix ?
J’ai de la peine à m’en accommoder. C’est donc l’occasion de le dire. J’accueille dans cette page tous les avis et toutes les critiques qui n’exposent pas leurs auteurs à des actions en justice. Mais je souhaite que les messages soient signés, comme le sont dans le journal les lettres de lecteurs. Est-ce vraiment trop demander ?

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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