Souvenir de Diana


TVguide l’a annoncé dans son édition du samedi 26 août: dix ans après sa mort, toutes les chaînes se souviennent de Diana. Cela n’a pas manqué. Mais en dix ans, l’image de Lady Di s’est altérée. Elle n’est plus une icône adulée, la «princesse des cœurs», mais une jeune femme au destin amer. Les livres qui paraissent à son sujet en Grande-Bretagne se vendent mal, les lieux de mémoire consacrés après l’accident du pont de l’Alma sont peu fréquentés.
La mort de la princesse, le 31 août 1997, a bouleversé la Grande-Bretagne. Ses funérailles ont accédé au statut d’événement médiatique. Elles ont provoqué une suspension du temps ordinaire de la télévision, horloge de notre vie quotidienne. Le déroulement des programmes a été chambardé pour faire place au «temps cérémoniel». Deux milliards de téléspectateurs, du monde entier!
Selon les lois du genre (du rite!), le ton dominant relevait du lyrisme, de l’émotion, de la confidence, de l’empathie. Il déteignait alors sur l’ensemble de l’information. Aucune trace des critères journalistiques ordinairement en œuvre dans le reportage, à commencer par une quelconque distance critique.
Par contraste, les commentaires d’Edward Behr sur la TSR, ce 6 septembre 1997, parurent se situer par moments à la limite de l’incongruité et de l’indécence. Behr osa des remarques sur le témoignage du comte Spencer, frère de Lady Di, à propos du rôle des paparazzi. Edward Behr, disparu en mai dernier, était un journaliste.
Le dixième anniversaire de la mort de Lady Di a commencé par un événement décalé: un concert donné le 1er juillet (jour de sa naissance, il y a 46 ans) dans le nouveau stade de Wembley. Il fut suivi à la télévision par quinze millions de Britannique et diffusé dans cent quarante pays. Mais il paraît difficile d’en faire une mesure fiable de la popularité posthume de la princesse. La présence de ses fils, devenus des vedettes de la presse «people», et de personnalités du monde du spectacle a sans doute dopé l’audience.
Le 31 août 2007, une seule commémoration officielle, tenue dans une chapelle proche du palais de Buckingham et réunissant la famille et quelque cinq cents invités. Retransmise tout de même en direct par la télévision!
Quant aux émissions annoncées, elles se sont inscrites dans les grilles habituelles. Elles tiennent du documentaire ou de la «docu-fiction», forme prisée aujourd’hui, au demeurant plaisante et efficace. C’est aussi le signe qu’en dix ans, le regard sur Lady Di s’est déplacé.

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Daniel Cornu, le médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA, peut être contacté par tout lecteur qui n’est pas satisfait de la réponse réservée par une rédaction à ses remarques ou réclamations touchant aux pratiques journalistiques.

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