Comme un rondin à la mer


Un correspondant assidu du courrier des lecteurs de la Tribune de Genève se plaint de l’omniprésence de «l’horrible monstre anglais trackbacker». Il le voit émerger sans cesse des colonnes de la rubrique «Tribune Multimédia», de manière aussi menaçante que le serpent fabuleux du Loch Ness. «Trackbacker» se traduit tout simplement par «pister», explique-t-il en se référant au Grand Dictionnaire de l’Office québécois de la langue française. Du coup, «trackback» devient «pisteur».
Suivant la même trace, il rappelle aussi que les Québécois recommandent d’écrire «blogue» pour blog. Cette acclimatation à la langue française permet de parler d’un «blogueur» et de décliner le verbe «bloguer». Cela me paraît raisonnable. La proposition déjà ancienne de remplacer e-mail par courriel n’est pas restée vaine. L’usage s’en est répandu.
Vive donc le blogue ! Les chances de succès de cette désignation sont meilleures que celles des propositions émises en France par le ministère de l’éducation nationale : remplacer blog par «bloc-notes», «bloc» sous une forme abrégée.
Mais d’où vient de mot ? Je garde sous la manche depuis plus de quatre mois une coupure du Monde qui raconte son histoire.
A l’origine, il s’agissait d’une pièce de bois (log en anglais) que les marins jetaient par-dessus bord à la poupe du bateau. La vitesse de navigation était mesurée en fonction du temps écoulé pour qu’elle s’éloigne. Le système s’est ensuite perfectionné. Des rondins étaient reliés par une corde à espaces réguliers, ce qui permettait des mesures plus précises.
Ces relevés de la vitesse des bâtiments étaient soigneusement consignés sur les carnets de bord des commandants. Le mot «log» finit par désigner les carnets eux-mêmes. Au début du vingtième siècle l’appellation s’étendit aux carnets de bord des pilotes d’avions.
A nouvel espace, nouvel usage. La Toile incite des internautes à y tenir leurs carnets de bord : billets, aphorismes, journaux personnels. Ce sont des «web-logs», dont sera issu le mot-valise «blog», par contraction des deux termes. Merci à Eric Nunès, l’auteur de l’article, de nous faire partager ses découvertes.
Jolie métaphore : le billet du médiateur jeté comme un rondin à la mer…

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